#TouchePasÀMonAnimal : lettre ouverte (PPL 3661)

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J’en ai déjà parlé sur mes réseaux et je me devais d’en reparler ici. Le 18 novembre prochain le Sénat examinera les conclusions de la commission mixte paritaire sur la proposition de loi visant à lutter contre la maltraitance animale et conforter le lien entre les animaux et les hommes.

Si vous me suivez depuis des années vous vous souvenez que j’ai déjà fait beaucoup pour faciliter la compréhension des lois comme pour la CITES, …

A lire :

Une idée positive

Histoire qu’on comprenne. Je suis pour le bienêtre animal. Moi aussi je suis choqué par certains comportements de mes contemporains qui font n’importe quoi. Je suis un des premiers à dire que nos animaux sont doté de sensibilité et d’intelligence. On me regarde souvent de façon étrange quand je communique avec mes poissons et crevettes, et qu’en face il y a un retour. Lutter contre la maltraitance animale est un combat noble mais ici j’ai l’impression de voire se dessiner un enfer pour les passionnés. Et nous les savons tous que l’enfer est pavé de bonnes intentions.

J’avoue que quand j’ai vu passer ce texte la première fois je me suis dit que cela ne pouvait pas passer, que nos élus sauraient nous défendre. Et cela a été malheureusement faut, je n’avais pas pris en compte la force de lobbyiste des fondamentalistes qui mettent toute leur énergie pour faire passer ces textes la ou nous restons sans rien faire.

A cette heure aucune liste n’existe mais vu le poids que les commission mixte paritaire en charge de cette proposition de loi ont donné aux associations animalistes, je crains pour nos animaux.

Que ce soit clair je fais parti des rares aquariophiles amateur a être capacitaire et donc selon les listes je devrais juste faire ajouter certains animaux sur les listes des animaux de ma capacité pour continuer. Mais je connais le long chemin nécessaire pour devenir capacitaire. Personne ne s’engagerait dans 1 an de papiers administratifs pour 2 espèces de poissons. Ce qui fera qu’il sera impossible ensuite de trouver en France ces poissons. C’est là que je vois le danger. Il y aura toujours de pays ou ces animaux seront légalement proposés a la vente. Donc interdire va augmenter le trafic illégal. Donc a vouloir tout fermer dans un souci de protection, on expose des animaux a des stress de transports et trafics . Cela n’es pas souhaitable et représenterait un véritable recul du bienêtre animal.

De mon coté j’ai contacté les sénateur du haut rhin avec cette lettre (inspirée de celle de Mr Hackquarium)

Madame la Sénatrice, Monsieur le Sénateur,

Je tiens à exprimer mon inquiétude et mes réserves à propos du projet de loi 3661 visant à renforcer la lutte contre « la maltraitance animale ».

Je m’exprime ici en tant que aquariologue mais aussi aquariophile amateur et vulgarisateur de longue date. Je suis membre de l’aqua club de Kingersheim et via cet intermédiaire de la FFA (Fédération Française d’Aquariophilie)

Très préoccupé par le bien-être animal et convaincu par mon expérience que les animaux sont dotés d’intelligence et de sensibilité, j’ai d’abord accueilli favorablement ce projet de loi. Je suis évidemment partisan de la protection des animaux et contre leur exploitation dans des cirques ou des delphinariums.

Je soutiens l’interdiction de vente des chats et des chiens en animalerie, et je trouve positif l’introduction d’un Certificat de connaissances, préalable à l’acquisition d’animaux par des particuliers.

Une lecture approfondie du texte de cette loi met en évidence que la mise en place de listes positives entraînerait à terme l’interdiction de détention d’animaux par des particuliers, renforcerait le marché clandestin et ferait disparaître une quantité d’emploi au sein des animaleries déjà bien fragilisées par le Covid19.

Les associations qui regroupent de véritables amateurs passionnés seraient également fortement impactées. Et elles sont elles aussi bien fragilisées par la pandémie et autres politiques locales. Il me semble grave et incroyables que figurent dans cette loi des propositions dictées par des groupuscules extrémistes tandis que les avis des principaux acteurs du domaine animalier n’ont pas été consultés ou écoutés.

Vu le nombre important en France d’éleveurs passionnées de poissons, de reptiles et d’oiseaux qui, —dans leur grande majorité, maintiennent leurs animaux dans des conditions remarquables—, il est insensé que sous l’influence d’une poignée d’animalistes extrémiste, ce texte de loi passe en l’état.

En effet, l’interdiction de l’élevage, pratique populaire courante en France et en Alsace, est une atteinte injustifiée à nos libertés individuelles et renforcera auprès d’une partie de plus en plus importante de la population la méfiance à l’égard de nos représentants politiques et le sentiment d’un décalage vis à vis de leur vie quotidienne. En plus, en validant cette loi, vous réduiriez à néant tous les efforts fournis par l’ensemble des passionnés qui œuvrent bénévolement pour la diffusion de bonnes pratiques de maintenance des animaux au sein de la population.

Ainsi, tout en trouvant des points positifs évidents dans ce projet de loi, il me semble surtout très inquiétant et néfaste pour l’aquariophile, pour la proximité humains-animaux et pour l’écologie en général …

Quelques recherches m’ont permis de réaliser que ce texte de loi proposé par les députés M. Dimitri HOUBRON, Mme Laëtitia ROMEIRO DIAS et M. Loïc DOMBREVAL était inspiré par une association animaliste Code Animal qui milite pour l’interdiction de détention de tout animal en captivité. Dans ses soutiens on retrouve les défenseurs des pigeons et les protecteurs de rats qui s’opposent aux actions des services municipaux contre leur prolifération en ville …

D’ailleurs de l’aveu même de Mme Alexandra Morette, présidente de Code Animal, l’établissement de listes positives, était un amendement d’appel, c’est à dire un amendement destiné à susciter un débat mais dont elle-même a été surprise qu’il soit adopté «[on l’a proposé] en se disant ça ne passera jamais, c’est trop nouveau, on n’a pas assez de recul et finalement les députés et les sénateurs s’en sont saisis et ont vraiment poussé sur la liste positive » Et elle poursuit en annonçant « L’idée de la liste positive, dans un premier temps, c’est de restreindre pour ensuite, derrière, potentiellement interdire toute la détention de tous les animaux sauvages chez les particuliers ».

Ces dérives animalistes extrémistes, sont dangereuses : il est inacceptable que sous prétexte du bien-être animal, de telles idées soient actées dans une loi française. En effet, le but final d’une association comme Code Animal est d’interdire toute pratique d’élevage par des particuliers et tout contact avec des animaux considérés comme « sauvages ».
Mon expérience personnelle, en tant qu’aquariophile, me permet de témoigner que sans les actions menées par des amateurs, de nombreuses espèces n’existeraient plus sur notre planète ! L’application stricto sensu de cette loi annulerait tous ces efforts de sauvegarde d’espèces condamnées dans la nature à cause de la dégradation de leur biotope. La connaissance des animaux progresse d’autant plus vite que l’on peut les observer. Les océans sont en danger et cacher la diversité de la vie marine ne peut qu’augmenter le désintérêt. C’est en voyant de ses propres yeux que l’on peut se sentir concernés.
L’IPBES estime à plus d’un million le nombre d’espèces (animaux et plantes) en cours d’extinction.

Cette perte de la biodiversité, associée au dérèglement climatique est, me semble-t-il, LE problème important de la cause animale !

J’ai toujours considéré les pratiques naturalistes amateur telle que l’aquariophilie comme des activités saines et positives. Conscient de ma responsabilité en tant qu’éleveur à l’égard du bien-être de mes pensionnaires, je prône une aquariophilie vertueuse et responsable.

Je souhaite simplement pouvoir poursuivre mes activités d’ichtyologue amateur, dans le respect des réglementations en vigueur et pouvoir continuer à partager et transmettre l’expérience et la connaissance des milieux aquatiques à des jeunes publics via des activités associatives et des projets pédagogiques.

Je vous demande donc, Madame la Sénatrice et Monsieur le Sénateur, de ne pas soutenir ce projet de loi qui, en l’état, aurait des graves conséquences pour nos concitoyens, les animaux en général, la vie associative ainsi que le maintien des emplois dans le secteur animalier.

Je vous assure, Madame la Sénatrice et Monsieur la Sénateur de ma confiance dans votre compréhension des enjeux réels de ce projet de loi et de mon soutien total dans votre refus de le soutenir en l’état.

Je vous prie d’agréer, Madame la Sénatrice et Monsieur la Sénateur, l’expression de mes sentiments les plus dévoués.

Hervé Widmer, également connu sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme de Mr Récif Captif

Alertez vos sénatrices et sénateurs !

Pour que nos représentants politiques réagissent et réalisent la teneur véritable de cette loi dite “contre la maltraitance animale”, nous devons être nombreux à les contacter pour leur demander de refuser de voter cette loi.

Vous aussi, vous pouvez écrire à vos sénatrices et sénateurs pour les alerter : sur le site du Sénat, on trouve la liste par région avec leur adresse électronique (Mail)

Vous pouvez également partager cette lettre sur vos réseaux sociaux.

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