Les Aiptasia et leur élimination

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L’Aiptasia est une anémone qui peut blesser d’autres anémones ou les coraux dans un aquarium. J’ai entendu parler de poissons blessés, mais je ne l’ai jamais vu moi-même. Bien que ce ne soit pas un animal effrayant, quand nous le voyons dans un aquarium, nous prenons des mesures immédiates pour le contrôler. On a souvent tendance à écrire aptaisias et sur Internet il arrive de trouver les 2 orthographes sur les forums francophones.

A quoi ressemble aiptasia?

Cela peut souvent être beau. On l’appelle aussi “l’anémone de verre” à cause de sa peau translucide. J’ai vu différentes couleurs. Les tentacules autour de son sommet peuvent être brun terne.

Il y a une anémone semblable, appelée majano, avec des tentacules plus courts, et parfois des bouts de bulle. De nombreux amateurs et techniciens de maintenance les traitent de la même manière que l’aiptasia. J’ai essayé sans succès.

Qu’est-ce que l’aiptasia fait ?

Dans un aquarium, l’aiptasia pousse sur la roche vivante et d’autres surfaces, parfois sans être vu. Elle peut se reproduire très rapidement et, ce faisant, elle peut envahir une zone importante et empêcher les coraux de s’y développer. Elle a une forte piqûre, et elles vont utiliser cette piqûre pour attaquer les coraux et autres animaux.

D’où viennent les aiptasias ?

En fait de partout. cette anémone est commune dans les océans et quelle que soit l’origine des pierres vivantes que vous achetez il y a un risque d’en avoir. Elles peuvent aussi venir par des boutures car une infime partie de polype permet de reproduire un pied complet.

Conditions de maintenance

L’aiptasia est un corail à la maintenance simple. Elle va pousser en eau de mer, de densité 1015 à 1030 (peut être plus encore mais je n’ai pas testé toutes les densités). L’éclairage peut être faible ou puissant. Cette anémone est peu sensible aux nutriment dans le sens ou elle va accommoder de tout mais la prolifération sera plus rapide si les taux de nutriments sont élevés. Dans un bac de test, j’ai tenté d’en avoir un peu pour faire cette vidéo. Si l’eau est trop propre, elles peuvent régresser (pas disparaître) mais à la moindre occasion ressortir, il a fallu que j’écume moins fort pour avoir une prolifération (oui c’est étrange de chercher à les multiplier mais je voulais apprendre).

Contrôler et supprimer l’aiptasia

De façon biologique

Certains poissons et crevettes sont connus pour manger aiptasia. J’ai vu plusieurs personnes acheter des animaux à cette fin. Dans certains cas, cela fonctionne très bien, et l’animal en mange tout. D’autres fois, cependant, il n’en a pas développé le goût et l’ignore tout simplement.

Les crevettes :

Chelmon rostratus
  • Lysmata Wurdemani
  • Rhynchocinetes uritai (attention elle mange tout types de polypes zoanthaires, …)

Les poissons :

  • Acreichthys Tomentosus
  • Chaetodon Kleinii
  • Chaetodon Lunula
  • Chelmon Rostratus

Nudibranche :

  • Berghia verrucicomis

Corail :

  • Erythropodium caribaeorum (ce corail résiste et envahit les lieux ou l’aiptasia pousse mais on chasse un mal par un autre)

Je vous laisse regarder les paramètres de maintenance de chacun de ces animaux car ce n’est pas le sujet ici. Choisissez un animal adapté à votre volume et votre population actuelle.

Les méthodes manuelles sans dangers

Ces méthodes ont le mérite d’exister, parfois elles fonctionnent et parfois non, mais il reste intéressant d’en connaitre l’existence.

  • Injection d’eau osmosée (pour créer un choc osmotique)
  • Injection d’eau très salée (encore un choc osmotique)
  • Injection d’eau bouillante (choc thermique)
  • Enfermement (on comble le trou ou elle est avec de la colle)
  • Déplacement forcé
    Là c’est un peu plus long à expliquer. On vient mettre une coquille de moule percée sur l’aiptasia, celle ci va se déplacer pour à nouveau avoir accès à la lumière et quitter son support pour passer sur la moule. Vous l’aurez deviné, on vient ensuite sortir la coquille de moule.

Les méthodes manuelles pour information mais que je ne conseille pas

Il existe d’autres méthodes manuelles, je vous les donne car je souhaite être le plus complet possible mais je ne les conseille pas.

  • Plantage au cuivre : on vient planter une tige de cuivre dans la bouche de l’aiptasia. cette solution est donnée dans un livre un peu ancien mais qui reste intéressant L’aquarium récifal volume 1 (Sprung et Deelbeck). Le cuivre est néfaste pour de nombreux coraux et invertébrés d’ou le fait que je déconseille.
  • Gratter le polype au scalpel : on risque une propagation si on coupe dans le polype.

La façon chimique

En général la méthode consiste à injecter au cœur de l’anémone quelque ml de solution, à l’aide d’une seringue.

Injection de soude (NAOH)

La soude liquide est en vente libre dans les magasins de bricolage, sa concentration est de 30% et elle est vendu en bidon de 1L. Attention la soude attaque tous ce qui est organique (base) à l’opposé de l’acide qui attaque tous ce qui est minéral , il faut être extrêmement prudent lors des manipulations.

Injection d’hydroxyde de calcium ou lait de chaux

L’injection d’une solution riche en calcium va venir calcifier les tissus du polype ce qui lui est fatal.

Injection d’acide chlorhydrique (HCl)

L’acide chlorhydrique est en vente libre dans les magasins de bricolage. Contrairement à la soude c’est un acide, il va dissoudre les sclérites du polype d’aiptasia.

Injection de vinaigre blanc

Le vinaigre blanc est très corrosif, certains le chauffent en plus pour ajouter le choc thermique à l’action du vinaigre. D’un point de vue pollution, les restes de vinaigre peuvent booster les bactéries, attention donc à ne pas en utiliser de trop.

Injection de produits du commerce

L’industrie aquariophile propose un grand nombre de produits. Pour les aiptasias, le plus connu je pense est AiptasiaX de Red Sea. Mais Tropic marin a un produit intéressant et je pense aussi tenter le Joes Juice.

Ces recettes ressemblent aux produits vus plus haut mais sont prêtes à l’emploi (ce qui est pratique) et contiennent des produits permettant de mieux adhérer à l’aiptasia pour une meilleure efficacité.

Précautions pour les injections :

Ces méthodes utilisent des produits chimiques, ceux-ci vont de toute façon affecter les paramètres du bac. Il est important de modérer le nombre de polypes traités par jour pour ne pas créer de dérive. Lors du traitement éteindre le brassage est vivement conseillé. L’achat de seringue se fait sans problème en pharmacie ça ne coûte pas cher et les aiguilles sont disponibles au même endroit. Au départ on pense passer pour un toxicomane mais de nombreux hobbys en utilisent. Autant dire qu’ils ont l’habitude de voir des passionnés acheter des seringues, scalpels, ….

Les méthodes électriques

Ces méthodes je ne les ai pas expérimentées moi même mais il est intéressant de savoir que cela existe. Je ne saurais donc pas être performant pour en évaluer l’efficacité.

Aiptazer

Il en existe des tout fait mais aussi des tutos pour le fabriquer soi même. Le principe est de faire passer un courant (12V) dans le polype pour l’électriser et donc le détruire. Il faut faire attention aux électrodes utilisées qu’il n’y ait pas de cuivre. Il faut faire attention aux lambeaux de polypes qui pourraient se détacher et créer de nouveaux polypes.

Laser

Comme beaucoup j’ai vu cette vidéo sur youtube :

J’ai fait quelques recherches sur l’utilisation de la lumière laser dans l’éradication et le contrôle des indésirables. Pour le laser on liste une efficacité pour, Aiptasia, Majano, Valonia, Bryopsis, Xenia, …
Virtuellement ou en théorie on va dire tous les autres indésirables tels que des escargots, les crabes prédateurs …
Les pointeurs laser les plus classiques (<5 mW) ne génèrent pas suffisamment d’énergie pour être efficaces. Des lasers plus puissants sont disponibles et peuvent émettre suffisamment d’énergie pour “faire bouillir” instantanément la cible, tout en évitant d’endommager les coraux adjacents.

Il y a cependant des points à relever :

  • Coût : les lasers de haute puissance coûtent cher.
  • Sécurité : la protection des yeux est une nécessité absolue car le laser peut affecter de façon irrémédiable vos yeux. Pensez à l’effet miroir des vitres de l’aquarium. Il faut des lunettes de protection et être seul dans la pièce. De plus ne laissez pas le pointeur accessible aux enfants.
  • Légalité : il y a des restrictions légales dans certains pays. Renseignez-vous.
  • Risque pour le vivant : il faudra faire preuve de prudence pour éviter que l’un de vos poisson ne soit frappé par le laser.

Comme beaucoup c’est une solution qui m’a tenté mais une fois tout mis bout à bout j’ai quelques réserves. Surtout la sécurité, et avec les enfants je préfère ne pas risquer de leur laisser de façon accidentelle un tel laser.

Conclusion

L’aiptasia n’est pas signe d’une mauvaise maintenance. Juste une question de chance ou pas. Selon le projet on peut faire avec ou les éliminer. 2 ou 3 polypes peuvent apporter un peu de vie mais une colonie complète de plusieurs dizaines ou centaines de polypes peut devenir une plaie. Les solutions données vous permettent d’y faire face avec ce que vous avez sous la main pour 2-3 polypes ou de façon plus industrielle. Comme toujours ce sont des choix qui vous appartiennent et à partir du moment ou cela marche c’est que votre choix est le bon.

Si vous avez conaissance d’une méthode qui n’est pas dans cet article n’hésitez pas à me le dire en commentaire que je puisse l’ajouter dans la bonne section.